Muramasa, le beat’em all de l’année

 

 
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DATE DE PUBLICATION 20/11/2009
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Un beat them all en 2d!! Voilà bien longtemps que l’on attendait ca et c’est la Nintendo Wii qui nous offre cela sur plateau d’argent. Parcourant le Japon médiévale le sable à la main, vousenchaînerai les niveaux dans une 2d parfaitement mîtrisé et à la palette de couleurs de très bons goûts. Technique d’escrime au sabre, basée sur le fait de dégainer et de porter un coup dans un seul mouvement, le Iaïdo est en quelque sorte l’art majeur de Muramasa.

Le jeu est en effet entièrement voué à la cause de l’arme, cette dernière ne devant être brandie que dans une situation de combat. Possédant une résistance matérialisée par une jauge bleutée, la lame de chacun des trois sabres dont vous pouvez vous équiper peut se briser en plein affrontement, vous laissant désœuvré face aux assaut ennemis. Une situation qui survient après une utilisation excessive d’attaques spéciales ou de la position de garde. Magie opérant, chacune des lames a la capacité de se régénérer si elle est laissée au repos quelques secondes dans son fourreau. Une fois réparée, il vous est possible de sélectionner à nouveau votre arme préalablement endommagée, ce qui aura pour effet de déclencher simultanément une attaque atteignant l’ensemble des ennemis présents à l’écran. Une variation extrême de l’Iaïdo qui retire la notion d’échec, tout en implémentant une tension très intéressante. Le bris d’une arme est loin d’être une fatalité, mais plutôt l’assurance d’un assaut groupé quelques instants plus tard, seulement si vous êtes parvenus à gérer en amont le fait qu’il vous en reste au moins une de valide. En contrepartie, l’absence de lame vous laisse instantanément sans aucune protection et affaiblit votre puissance. Une ouverture permettant notamment aux boss de réaliser des enchaînements meurtriers.

Toujours dans l’optique de la vie à travers l’arme, le jeu concentre l’essentiel de son aspect gestion sur la confection de sabres au fur et à mesure de l’expérience acquise mais aussi de la collecte d’âmes et d’esprits. A chaque lame majeure acquise, découle une filiation prenant la forme d’une sorte d’arbre de compétences, qui abrite plusieurs sabres. Ils possèdent tous une attaque spécifique qui varie selon le type, la portée et évidemment la puissance, mais également des bonus d’état pour la majorité d’entre eux. De ce fait, même si les points offensifs d’un sabre sont élevés, il faudra parfois en privilégier un autre moins efficace sur le papier mais qui vous fera bénéficier par exemple un gain d’argent accru ou quelques points de vie supplémentaires. Une seconde petite touche de stratégie, qui sans aller chercher très loin, agrémente l’expérience de jeu et sort Muramasa : The Demon Blade du beat’em all lambda. Les esprits et une certaine partie des âmes peuvent en effet être collectés par la réalisation de recettes, découvertes sur le terrain ou achetées auprès des différents camelots, ainsi que par une dégustation de spécialités locales. Empruntée à Odin Sphere, cette importance de la nourriture se ressent également dans la notion de satiété. Prenant la forme d’une jauge rouge, ce principe empêche le héros de consommer trop de nourriture d’une seule traite, ce qui oblige encore une fois le joueur à « sentir » la tournure d’un combat et à utiliser ces petits plats de guérison avec pragmatisme. Tout en sachant que les plus riches, et donc les plus à même de contenir un grand nombre de PV, sont ceux qui nourrissent le plus. Un ensemble de petits freins intelligents et originaux aux penchants plutôt intenses du titre. Le jeu appelle effectivement à une débauche d’action teintée de déraison, qui aurait pu rapidement tomber dans l’inintérêt par manque de nuances.

Sacrifiant quelque peu la précision, Muramasa : The Demon Blade a opté pour un système de direction et de saut réunis sur le stick analogique et ce peu importe le mode de contrôle défini, Wiimote, manette « classique » ou pad GameCube. Un choix qui surprend désagréablement lors des premières minutes de jeu, les sauts se révélant assez imprécis, notamment le double-saut. L’habitude permet de contourner ce petit défaut, et si la progression dans les airs reste parfois relative, vous ne serez jamais pénalisé par une chute mortelle, étant donné que les niveaux sont dénués de précipices. En revanche, le gros avantage de ce mode de fonctionnement au stick se trouve dans la gestion des combinaisons de coups d’une vivacité surprenante. Les enchaînements de base s’effectue par des multiples pressions sur le bouton « A » et fonctionnent de concert avec des attaques autrement plus dynamiques. Très jouissifs, ces enchaînements qui rappellent un jeu de combat sont extrêmement précis.

Cette sensation de se battre régulièrement à 1 contre 10 exalte le  joueur, et ajoute une dose d’excitation et d’immersion mêlées enivrantes. Une culture de la bataille bien menée, qui se traduit même dans les statistiques de fin d’affrontement. Prenant en compte le temps passé dans le feu du combat, la réalisation d’une première touche etc…

Muramasa pousse au style plus qu’à l’expédition écervelée d’ennemis aux Six Enfers. Et ils doivent pourtant être forts jolis.D’un très haut niveau, tant au niveau de la direction artistique que dans la qualité de sa 2D, Odin Sphere avait à son époque hissé le niveau de détail de cette technique a des hauteurs difficilement atteignables pour la concurrence. C’est donc une autre production de Kamitani qui vient le surpasser en douceur, avec une maîtrise du style désormais arrivée à maturité et une réalisation époustouflante. Toujours découpé en plans animés, les divers décors de Muramasa : The Demon Blade dévoilent une finesse dans la conception exceptionnelle, regorgeant de détails et d’animations d’une rare souplesse. Mais davantage qu’une immersion technique, le jeu fonctionne sur la cohérence, la multiplication des inspirations et la richesse de son thème. Entre les références au poète Basho, les tableaux mouvants d’Hokusai, la fidélité à l’imaginaire mythique japonais, Muramasa : The Demon Blade est source d’une ambiance permanente. Il prend le joueur réceptif par la main et ne le lâche que rarement. Le scénario, la bande-son puissante, les éclats d’originalité lors des différentes fins disponibles, Muramasa est un petit chef d’oeuvre dont les détails méticuleux ne vous laisseront pas de marbre.

 

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